01 décembre 2007

Pour occuper vos longues soirées d'hiver...

... pendant que moi je me dore la pilule au soleil...
Prenez une boule de Noël, tracer un cercle autour, c'est l'équateur. Marquez un point quelque part dans l'hémisphère Nord, c'est vous, et un point quelque part dans l'hémisphère Sud, c'est moi. Prenez ensuite une autre boule de Noël, c'est le soleil... Vous vous réveillez en ce frais matin d'hiver, par la fenêtre, vous apercevez une timide lumière, le soleil va bientôt se lever à l'Est, moi j'écoute l'océan qui va bientôt l'engloutir cette grosse boule orange, l'air est encore chaud, je regarde vers l'Ouest, j'attends qu'il disparaisse (bon je sais, c'est pas du tout possible car je suis actuellement sur la côte Est mais c'est tellement poétique donc admettons que je sois sur la côte Ouest). Il est midi maintenant, chez vous ou chez moi, le soleil est à l'équateur... Donc il est au Sud pour vous mais au Nord pour moi... (Notez au passage qui si un jour vous voulez achetez une maison en Nouvelle Zélande (on sais jamais, tout peut arriver...) ne cherchez pas une maison orientée Sud...) Bon, vous l'aurez compris (enfin j'espère), ce que j'essaye de vous dire (et qui peut-être ne vous étonnera pas mais moi je n'y avais jamais pensé avant et je trouve ça génial) c'est que chez vous, le parcours du Soleil est Est-Sud-Ouest, et chez moi, il se balade en suivant Est-Nord-Ouest. Ce qui explique pourquoi les cadrans solaires sont gradués dans le sens inverse des auguilles d'une montre par ici. Donc si la montre avait été inventée en Nouvelle Zélande par exemple, "le sens des aiguilles d'une montre" ne serait pas le même. Moi je trouve ça fou et je vais même jusqu'à me demander si tout ça a un lien avec le fait qu'ici on ouvre les portes en tournant la poignée dans le sens opposé des aiguilles d'une montres et avec toutes les choses qu'il faut faire à l'envers ici mais je suis peut-être la seule et ça n'a certainement rien mais alors rien à voir donc je vais m'arrêter là.

Quant à ça,

boulesmouille

Non ce ne sont pas des oeufs pondus par Mouille. D'après une légende Maorie, ce sont des gourdes tombées d'un canoé qui s'échoua près de cette plage il y a 1000 ans. Mais comme il y a toujours des scientifiques pour briser tous les rêves et légendes, leur version plus terre à terre est la suivante : ce serait des concrétions sédimentaires formées il y a 65 millions d'années. Du calcium et du carbonate se seraient cristalisés autour de particules de boue chargées et auraient formé petit à petit (pendant quelques 4 millions d'années) ces surprenants boulders au fond de l'océan. Mais ce n'est que 15 millions d'années ago que les boues solidifiées contenant ces boulders émergea des fonds océaniques, s'exposant à l'érosion du vent et de l'eau. Les boulders étants alors très résistants, seule la boue solidifiée autour fut érodée, dévoilant peu à peu ces curieuses boules (moi elles me font plus penser à des tortues géantes cachées dans le sol mais bon).

Mais là ça devient beaucoup trop sérieux donc retournons aux choses essentielles.

Le surf c'est formidable

On ne pouvait pas aller en Nouvelle Zélande sans passer à côté de ce cliché. Donc Mouille (oui, encore elle, elle est vraiment formidable, d'ailleurs j'ai décidé de lui dédier cet article) est tellement cool qu'elle a plein de potes surfers. Et quand un de ces aimables gens te propose de venir sufer, tu ne peux pas trop refuser, pensant très fort je vais vraiment avoir l'air de rien et en disant très haut "Ok ça marche, j'ai toujours voulu essayer, rendez-vous le WE prochain !". Et là, tu ne te rends pas tout de suite compte de ce que tu viens de signer mais ça vient assez vite... Le WE d'après donc, après quelques jours dans un cabinet de comptables à Invercargill (qui est réputée pour être la 'Palmerston North de l'Ïle du Sud' : quand tu dis que tu vas faire de la comptabilité agricole à Invercargill, on te tappe sur l'épaule avec un regard mélange de pitié et de compassion) et armée de ma "board et ma "wetsuit", me voilà partie avec Mouille, Xavier et nos 2 surfers (Mike, le coloc américain de Sarah et Rob) pleine de trouille et de faux espoires. L'approche de la plage est plutôt sympa, tu as l'air tellement cool avec ta planche que tous les surfers te saluent donc tu essayes d'avoir l'air détendu et confiant en suant sous ta combine trop chaude putain de planche de merde, elle pèse au moins 2 tonnes !

surfmoi

 

Arrivée sur la plage, Mike m'explique qu'il faut d'abord aller derrière les vagues A tiens, j'y avais jamais pensé. Pour celà, il faut pagailler à fond avec les bras, droit dans la vague qui va t'exploser à la gueule et plonger dessous en tenant fort ta planche. Il ajoute quand même un petit "Tiens, elles ont l'air un peu fortes les vagues aujourd'hui, ce sera peut être un peu difficile pour une première fois" Cool, je suis rassurée maintenant. Donc me voilà partie contre vents et vagues. Les premières passent sans trop de dégâts. Putain la mer c'est dégueulasse ! J'ai du sable et du sel plein la bouche et les yeux. Puis au loin, j'aperçois une vague qui s'annonce BEAUCOUP plus grosse que les autres... Et c'est le début de la fin, l'enfer commence alors. Vu que cette vague me fait TRES peur, j'hésite une demi seconde de trop avant de plonger dessous. Erreur fatale. La vague m'engloutie et je me transforme en linge sal dans la machine à laver, elle me secout dans tous les sens et chaque fois qu'elle fait semblant de me ramener à la surface, en fait non, elle me replonge tout au fond. Et c'est tirée par le pied par ma planche que je me retrouve sur le sable, au point de départ. "Shit" Et c'est avec un sourir encourageant que Mike m'aide à me relever "Don't worry, it's  always like that the first time."  Cool. Complètement sonnée, je repars encore plus terrorisée. Et trois vagues plus loin, rebelotte, j'ai droit à une encore plus grosse. Cette fois je n'essaye même pas de plonger dessous. Erreur encore plus fatale. Je me retrouve dans la machine à laver  mais cette fois elle ne se contente pas de me secouer dans tous les sens,  ma planche me tappe une première fois derrière la tête puis une deuxième fois sur le front et enfin, alors que j'essaye d'éviter la troisième fois, elle me tord les doigts, mais je peux plus respirer là ! Je veux pas mourir comme ça !. Et ce n'est qu'une fois sur le sable que la vague me libère, je peux enfin reprendre mon foufle après quelques 8 secondes qui en paraissaient 1000 ! Je m'echoue donc lamentablement telle une grosse baleine sur la plage. OK, je m'arrêterai là. Mais faut pas rêver, Mike surveillait de loin et arrive en courant "Everything OK?" I almost died. Puis en pointant mon frond, il ajoute en souriant : "Now with this scar, you will be a real surfer" Haha, trop contente. "Ok, I will help you, come with me" il prend ma planche et commence à partir dans les vagues. A mais là non ! Ca va pas le faire. Mais il a les yeux si bleux que je trouve pas la force de lui dire : non mais là j'ai plus du tout envie d'y aller. J'ai peur, j'ai mal, j'ai froid, j'ai envie de vomir. Je suis alors mon 'board slave' à travers les vagues. C'est fou comme il va vite, il porte ma planche à travers les vagues qui ne le font presque pas reculer et il finit par me tirer moi même par le pied parce que même sans planche, les vagues me repoussent en arrière.
Donc une fois que tu t'es creuvé, avec ou sans 'board slave', pour passer derrière les vagues, l'effort est loin d'être fini. Il faut t'asseoir sur ta planche en scrutant les vagues qui arrivent et choisir la bonne et quand tu la trouves, il faut te ralonger sur ta planche, lui tourner le dos et pagailler à fond vers la plange pour te retrouver à la même vitesse qu'elle pour quelle daigne te soulever une fois qu'elle arrive à ta hauteur et alors, une fois que tu te retrouves à son sommet, complètement vidé de toute ton énergie par tous les efforts pour en arriver là et enkilosé des 3 litres d'eaux de mer que t'as avalé, il faut encore fournir l'énergie que tu n'as plus pour pousser sur tes bras maintenant inexistants puis sur tes cuisses pour tenter de te mettre debout... et te rendre compte seulement à ce moment là que ton équilibre est pourri. Donc tu n'y arrives pas et tu retombes lourdement dans la machine à laver pour t'échouer encore une fois lamentablement sur la plage. Shit!
Donc à ce moment là, j'ai couru vers ma serviette et enlevé ma combinaison à la vitesse de l'éclair avant que Mike ai le temps de me repêcher. Puis, quand il est arrivé finalement en me demandant pourquoi je ne continuais pas, c'est avec mon plus beau décolté, mon plus joli sourir et mon plus sexy accent français que je lui ai répondu en sortant mon appareil photo : "Go playing in the waves, now I'll take pictures"

surfmouille

xavdeboutsurfxav
groupie
abdosmouille

Vous remarquerez sur cette photo les abdos impressionnants de Mouille. Mouille que ne cesse de se plaindre car elle a pris du poids depuis qu'elle est en Nouvelle Zélande... Effectivement, elle a dû prendre 1 mm de hanches...

La bonne nouvelle quand même, c'est que cette séance ne fut pas si terrible que ça apparement car j'y suis retournée le lendemain matin. Et c'était beaucoup mieux ! Les vagues étaient beaucoup moins vicieuses et j'ai réussi à me mettre debout 2 fois au moins une demi seconde ! (ce qui apparement n'est pas mal pour une deuxième séance).

La deuxième bonne nouvelle c'est que maintenant j'apprécie enfin UN PEU la plage : rester allongée sur le sable à ne rien faire quand tu penses que tu pourrais être en train de te faire secouée par les vagues..
plage

 



Posté par boutille à 00:58 - Commentaires [6] - Permalien [#]


Commentaires sur Pour occuper vos longues soirées d'hiver...

    comment vas tu faire pour revenir

    je suis très inquiète, la vie est beaucoup plus triste ici.

    Posté par maman, 05 décembre 2007 à 19:47 | | Répondre
  • cool

    ca me donne envie d'essayer (serais-je masoschiste???).

    sylvain toison

    Posté par PAPA, 06 décembre 2007 à 16:00 | | Répondre
  • qui c'est qui se fait passer pour moi ?

    C'EST QUI CE SYLVAIN POISON QUI SIGNE PAPA ?
    Le vrai papa jean claude vient à l'instant d'ouvrir ton blog et de découvrir ce que je savais. Ma fille est extra super exceptionnelle.
    Elle survie à la machine à laver, elle ecris pour nous faire partager ce qu'elle vit, et je la remercie vraiment. Je constate qu'elle semble etre souvent très proche du breton, meme si elle estr sensible aux yeux bleus du surfer pro.
    ICI y'a la neige et c'est sur la neige que l'on va glisser, bien plus facile, nananere Salut

    Posté par papa le vrai, 08 décembre 2007 à 19:20 | | Répondre
  • Emerveillée et fière de sa petite fille

    Superbes couleurs, paysages étonnants, récits vivants ... je viens de passer une heure de rêve avec toi. Ravie de connaître mieux ton environnement et tes "distractions" parfois périlleuses. Maintenant, moi aussi, je vais être une acro de l'ordinateur pour te retrouver... j'ai juste besoin d'un guide pour arriver à ton blog et après, je chatouille la souris.
    GROS BISOUS.

    Posté par Mamey, 10 décembre 2007 à 14:30 | | Répondre
  • Pourvu qu'elle ne vienne pas tous les jours !

    C'est vrai que Mamey, à son tour, a été sous le charme de toutes tes aventurese et de "la façon tellement jolie" que tu nous les racontes.
    Merci de nous faire partager tous ces instants précieux. Ta joie de vivre est rayonnante.
    A +

    Posté par Annie Cabriole, 10 décembre 2007 à 14:42 | | Répondre
  • LA classe cette surfeuse!

    Bon je succède à tous les petits mots de toute ta famille, pression!
    Merci pour tous ces détails des débuts du surf, tellement vrai!! surtout quand tu es dans le rouleau et que le lych s'enroule autour de tees orteils et comme apres la planche s'en vaa, tu manques de perdre un orteil à chque fois!
    En tout cas, très bien joué le coup du décolleté et de l'app photo! lol
    Et ce mike aux yeux bleus on le voit ou??
    A bientot sur Paris? ou peut être en Am du Sud vu que tu risques de pas rentrer de si tot..(je serais au Mexique normalement).

    Baci (un des derniers italiens..)

    Dorothée

    Posté par Dorothée, 10 décembre 2007 à 14:56 | | Répondre
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